Qui je suis? C’est vrai … tout compte fait … qui suis-je? Entre l’être et le ne pas être, tant d’autres que moi ont tergiversé entre ces deux frontières et je ne vais pas tomber, moi aussi, dans ce type de polémique égocentronombrilitarabiscotée. 

Pour savoir qui je suis il suffit déjà de savoir où m’ont menée mes élucubrations diverses et où elles ont toujours tendance à me mener – que voulez-vous on ne se fait pas refaire… bien que parfois un petit coup de scalpel ici ou là… Que nenni! Ne voyez pas là une de mes élucubrations ! 

Qui je suis? En tous cas je sais d’où je viens!  

mais qui c'est ça donc dis nous dis donc... dans blabla Liege.and.the.river.Meuse.aLiège, fille de Meuse, née par le fleuve et vivant par lui. Cité Ardente égrainant son histoire au gré de son cours avec ses berges si diverses pour spectateurs discrets. 

  

J’y suis attachée, à ma Cité Ardente, à ses habitants si sympathiques, à ses petits coins méconnus – et oui, il y en a encore – à ses parfums de bouquettes arrosées de peket et au langage imagé, mais oh combien truculent, de ses vieux qui savent encore donner à la langue la saveur si particulière du wallon d’autrefois. 

  

« Cité Ardente », c’est son surnom depuis que, selon la légende, en 1468, Charles le Téméraire a mis la cité à feu et à sang pour la conquérir aux Liégeois qui défendaient leurs libertés envers et contre tout et tous.   

Liège n’a pas oublié son passé. Les Liégeois sont toujours aussi indépendants et frondeurs. Tête de bois, oui. Langue de bois, non ! Comme Tchantchès, marionnette symbole du Liégeois. tchantches dans blabla

 Tchantchès, d’après une tradition locale émaillée de bien naïfs anachronismes, est né à Liège, de façon miraculeuse, le 25 août 760 : il vint au monde entre deux pavés du quartier d’Outre- Meuse, actuellement République Libre d’Outre-Meuse. Les braves gens qui le trouvèrent furent merveilleusement étonnés de l’entendre chanter, dès son entrée dans la vie: « Allons, la mère Gaspard, encore un verre ! ». C’était un bébé joufflu, goulu, riant sans cesse; toutefois, il boudait à la seule vue de l’eau; pour le rendre tout à fait aimable, son père adoptif lui faisait sucer un biscuit trempé dans du pèkèt; il le sevra avec un hareng saur et son pupille en contracta, pour le restant de ses jours, une soif inextinguible. Comme tous ceux qui sont appelés à une grande destinée, Tchantchès connut les déboires de l’existence:à la cérémonie du baptême, la sage-femme lui cogna si malencontreusement le nez sur le bord des fonts sacrés que l’appendice nasal du pauvre enfant se mit à s’allonger démesurément et le faciès de l’innocente victime en devint ridicule au point qu’il servit de modèle pour les masques de carnaval. Plus tard, atteint de la rougeole, le bambin fut obligé de prendre de l’eau ferrugineuse: constant guignard, il avala un morceau de fer à cheval qui lui resta dans le gosier. Dès lors, il ne sut plus tourner la tête que de gauche à droite et de droite à gauche, il dut désormais se mettre à plat ventre pour fixer le sol et sur le dos pour regarder en l’air. A cause de son pif cyranesque, Tchantchès hésita d’abord à sortir de chez lui, mais bientôt, son instinct de liberté lui fit affronter la foule et il s’offrit à faire Saint-Måcrawe, c’est-à-dire, à être porté tout barbouillé de noir de suie sur une chaise à porteurs soutenue et escortée par tous les gens du quartier . Cet événement mémorable eut lieu la veille de l’assomption de l’an 770. Il connut le grand triomphe et s’aperçut bientôt que la laideur , accompagnée de l’esprit et de bonté d’âme, sait se faire aimer . Depuis ce jour, il fut sacré « Prince di Dju d’là Mouse » (Prince d’Outre – Meuse) .Rien n’a pu le terrasser, ni même l’amour, car il resta célibataire, ni même la vieillesse, il s’éteignit à l’âge de 40 ans ! Regretté par toute la population, il est resté le prototype du vrai liégeois: mauvaise tête, esprit frondeur, grand gosier, ennemi du faste et des grandes cérémonies, farouchement indépendant, mais coeur d’or et prompt à s’enflammer pour toutes les nobles causes. Jean Bosly       eh eh eh… à bon entendeur… ;-)  

15007C’est avec lui que, tous les ans liégeois, non liégeois, petits, grands, jeunes, vieux, et bien d’autres encore viennent fêter en grandes pompes le 15 août (les 13, 14 et 16 aussi d’ailleurs…).  ! 

Pendant ces journées et ces nuits – on est à Liège! – de franc amusement, les estomacs sont mis à rude épreuve par qui vous tend une « bouquette » 15004ou qui vous offre un peket Peket-FW-Namur(genièvre) so l’hawê              

Ne vous étonnez pas si au réveil certains se plaignent d’ « avu ma° lès – ohês di s’tiesse »… (avoir mal les os de sa tête: la gueule de bois en d’autres mots!). Ce n’est pas le tout tout cela, qu’est-ce que je devais vous dire moi? 

Ah oui, je devais me présenter en quelque sorte, vous dire qui je suis. Mais vous avez vu l’heure! C’est qu’elles ne s’arrêtent pas de trottiner ces aiguilles, surtout la petite là, celle qui égraine les secondes, m’étonne pas qu’elle soit si mince elle! Mes étudiants vont m’attendre…impatiemment – laissez-moi y croire voyons! – Donc, « qui je suis », ce sera pour une prochaine fois.